Le convoi n°8 : un témoignage poignant d'Angers
Le convoi n°8, parti d'Angers en 1942, est l'un des nombreux transports de déportés vers les camps de concentration et d'extermination nés lors de la Seconde Guerre mondiale.
Ce convoi, composé principalement de juifs, a été marqué par des conditions inhumaines et une brutalité extrême de la part des SS.
Les témoignages des survivants du convoi n°8 décrivent des scènes de souffrance, de peur et de désespoir, mais aussi de solidarité entre les déportés.
Malgré les horreurs vécues, certains ont réussi à préserver leur humanité et à témoigner de leur expérience, offrant ainsi un aperçu précieux de la réalité des déportations pendant la Shoah.
Un récit de survie : le témoignage de Henri Borlant
Son arrestation en 1942
"Nous étions une famille heureuse, sans histoires.
Et soudain, le 15 juillet 1942, les gendarmes français sont venus.
Ils nous ont dit : 'Préparez vos valises, vous partez pour deux jours.' "
L'arriver a Aushwitz-Birkenau
"Les portes du wagon s'ouvrent. C'est le chaos, les cris, les chiens.
Un SS me demande mon âge. J'ai 15 ans, j'en parais 17. Il m'envoie du côté des valides.
Je n'ai pas compris que je venais de voir mon père et mes frères pour la dernière fois."
La vie dans les camps
"On nous a conduits dans un bâtiment. On nous a tondus, désinfectés, et on nous a tatoué un numéro sur le bras gauche.
Je suis devenu le 42 642. Henri Borlant n’existait plus. [...] La faim n'est pas ce que vous croyez.
Ce n'est pas avoir envie de manger, c'est une douleur qui vous ronge les entrailles, qui vous fait devenir fou. br>
On ne pensait qu'à une chose : une pelure de pomme de terre, un morceau de pain noir. [...]
Chaque matin, c'était l'angoisse. Il fallait se tenir droit, avoir l'air fort.
Si vous aviez l'air trop faible, trop maigre, c'était la chambre à gaz.
On vivait dans une loterie permanente avec la mort."
Son evasion et le silence imposée
"Lors des Marches de la Mort, à la fin de la guerre, j'ai compris que c'était ma dernière chance.
Avec deux camarades, on s'est jetés dans un fossé, dans la neige, en pleine nuit. On a attendu que le bruit des bottes s'éloigne.[...]
Quand je suis revenu à Paris, personne ne voulait entendre.
On nous disait : "C'est fini, il faut oublier." Alors je me suis tu pendant soixante ans.
Mais les morts ne nous lâchent pas.